The Black Keys reviennent à quelque chose de beaucoup plus brut, presque instinctif avec ce Peaches. Ce quatorzième album, sorti le 1er mai 2026, n’est pas un disque classique : c’est un album de reprises, conçu comme un retour aux racines blues et rock du duo.
Dès les premières secondes, le ton est donné : ici, pas de production léchée ni de refrains calibrés pour les radios. Le son est rugueux, organique, parfois sale comme on le produit maintenant, comme capté sur le vif. Ce choix n’est pas anodin : le disque est né dans une période personnelle difficile pour Dan Auerbach, ce qui se ressent dans l’énergie presque cathartique des morceaux.
Le duo revisite une série de titres obscurs ou cultes du blues et du blues-rock, avec une approche minimaliste : guitare, batterie, et cette tension permanente entre groove et saturation. Le single “You Got to Lose” est l'exemple type de ce que l'on trouve sur l'album — un morceau qui semble plus joué que produit, plus vécu que construit. La musique c'est quand même cela au départ avant de poser sur chaque piste des chaînes de plugins.
Là où leurs albums récents pouvaient sembler parfois trop polis(le son de l'indé a toujours cette odeur du col roulé bien plié comme il faut), Peaches! agit comme une récréation thérapeuthique. On y retrouve l’esprit de leurs débuts, période The Big Come Up, avec cette sensation de jam session capturée à chaud. Certains titres flirtent avec l’improvisation, donnant au disque une bonne cohérence émotionnelle au final.
Peaches n’est pas un album spectaculaire ni innovant et il ne sera pas un disque référence du blues-rock. Mais avons-nous besoin de références après tout ! Peaches! est un disque de passionnés, presque un hommage à leurs influences, où chaque morceau respire l’amour du vinyle, des vieux standards et du son analogique même si on préférera la version de Doctor feelgood pour "She does it right". Il faut reconnaître aux Black Keys un talent totalement décomplexé des vieux shémas.
Au final, Peaches! n’est pas là pour conquérir de nouveaux sommets commerciaux . Il est là pour rappeler pourquoi The Black Keys existent encore : jouer, ressentir, et revenir à l’essence même du rock. Un album imparfait, parfois brut de décoffrage, mais profondément sincère.
