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jeudi 14 mai 2026

Theblackkeyspeachesalbum



The Black Keys reviennent à quelque chose de beaucoup plus brut, presque instinctif avec ce Peaches. Ce quatorzième album, sorti le 1er mai 2026, n’est pas un disque classique : c’est un album de reprises, conçu comme un retour aux racines blues et rock du duo. 

Dès les premières secondes, le ton est donné : ici, pas de production léchée ni de refrains calibrés pour les radios. Le son est rugueux, organique, parfois sale comme on le produit maintenant, comme capté sur le vif. Ce choix n’est pas anodin : le disque est né dans une période personnelle difficile pour Dan Auerbach, ce qui se ressent dans l’énergie presque cathartique des morceaux.

Le duo revisite une série de titres obscurs ou cultes du blues et du blues-rock, avec une approche minimaliste : guitare, batterie, et cette tension permanente entre groove et saturation. Le single “You Got to Lose” est l'exemple type de ce que l'on trouve sur l'album — un morceau qui semble plus joué que produit, plus vécu que construit. La musique c'est quand même cela au départ avant de poser sur chaque piste des chaînes de plugins. 



Là où leurs albums récents pouvaient sembler parfois trop polis(le son de l'indé a toujours cette odeur du col roulé bien plié comme il faut), Peaches! agit comme une récréation thérapeuthique. On y retrouve l’esprit de leurs débuts, période The Big Come Up, avec cette sensation de jam session capturée à chaud. Certains titres flirtent avec l’improvisation, donnant au disque une bonne cohérence émotionnelle au final. 

Peaches  n’est pas un album spectaculaire ni innovant et il ne sera pas un disque référence du blues-rock. Mais avons-nous besoin de références après tout !  Peaches! est un disque de passionnés, presque un hommage à leurs influences, où chaque morceau respire l’amour du vinyle, des vieux standards et du son analogique même si on préférera la version de Doctor feelgood pour "She does it right". Il faut reconnaître aux Black Keys un talent totalement décomplexé des vieux shémas. 

Au final, Peaches! n’est pas là pour conquérir de nouveaux sommets commerciaux . Il est là pour rappeler pourquoi The Black Keys existent encore : jouer, ressentir, et revenir à l’essence même du rock. Un album imparfait, parfois brut de décoffrage, mais profondément sincère.



jeudi 21 juillet 2022

Indispensable Mr Rumble n'est ce pas Monsieur Link Wray ?


"Je cherchais quelque chose que Chet Atkins n'avait encore jamais joué, qu'aucun de ces rois du jazz n'avaient jamais joué... J'étais en quête de mon propre son".

C'est en ces termes que se décrit le guitariste le plus influent de la musique rock et de toutes ses chapelles, et, je dis bien TOUTES ses chapelles. Derrière ce bout d'histoire un nom, un seul ! Link Wray ! Ah vous ne connaissez pas l'un des plus immenses guitaristes au monde ? Alors il faut faire la mise à jour 4.0 

Classé 50ème dans le top des 100 guitaristes mais qui est ce gars ? Link est né à Dunn en Caroline du Nord et meurt en 2005 à Copenhague. Le monsieur a quelques particularités. C'est un amérindien(que les Yankees n'ont pas pu bousiller). Sa maman est handicapée et il naît avec un accouchement aux forceps qui laissera des cicatrices sur le visage toute sa vie.  Jeune, il contracte la rubéole ce qui lui laisse des séquelles auditives et influencera son son en jouant plus fort pour l'entendre. A 8 ans il emprunte une guitare offerte à son frère, une Maybelle  mais il s'en fiche. Plus tard alors qu'il n'arrivait à l'accorder un ami vient lui règler la guitare et commence à jouer du bottleneck dessus. Sa passion pour la six cordes commence ici et deviendra une véritable obsession.



En 1943, il déménage sur Portsmouth en Virginie. Il travaille dans les chantiers et intègre ses premiers groupes de country. 1955 il part pour la Corée il revient en 1956 avec un poumon touché. En 1955 il forme son premier groupe avec ses trois frères "Lucky Wray and the Palominos Ranch Hands ". La même année forts d'une renommée dans le pays ils partent enregistrer à Washington pour enregistrer des chansons mais insatisfait de ses vocaux il passe à une nouvelle phase. Il travaille un son beaucoup plus lourd sur son instrument. 

1958 : 

Sorti de l'hôpital après son opération du poumon, il joue sur scène mais ne peut chanter. Son frère positionne alors un de ses micros chant sur son ampli et obtient un son extrêmement saturé. "Rumble" vient de naître. Un million d'exemplaires de ce titre totalement instrumental sont vendus. Le titre est parfois interdit dans des radios car accusé de provoquer une violence juvénile. 



Une période riche s'ensuit dans les grands labels comme Epic ou Swan. Puis lassé du business il se retire et enregistre sur un magnétophone 3 pistes. Il formera après un grand groupe avec des membres de Quicksilver Messenger Service. En France il jouera sur 4 titres de l'album "Chatterton" d'Alain Bashung

Link Wray laisse une influence dans tous les mouvements du rock(rockabilly, blues rock, hard-rock, punk rock, grunge et plus). Jimmy Page le cite comme un homme qui avait une vraie rebelle attitude dans son jeu. Link Wray a totalement domestiqué l'effet Larsen, le maîtrisant au plus haut point. Il a introduit les positions, accords Power-chords dans le rock tout simplement. Il est le plus grand guitariste influent du rock tout simplement. Il laisse après ces techniques et apports énormément de 45 tours, plus de 20 disques véritables méthodes de guitare sur vynil, et un film à voir sur sa vie absolument "Rumble". Une discothèque digne de ce nom doit posséder un exemplaire de son "Rumble". 




La première fois que j'ai entendu de Link Wray c'était vers les années 2000. J'avais eu un enregistrement live. Jusque là je n'en savais que très peu sur lui. Link Wray est réapparu dans ma vie en rencontrant un ami spécialiste dans les techniques d'enregistrement vintage(notamment sur bandes) dans les Landes. Nous avons écouté beaucoup Wray sur disque vinyl. Je commençais à comprendre que ce guitariste était un peu le père de tous les guitaristes de rock jusqu'à maintenant. 

Puis il y a eu Jimmy Page(que je n'ai pas rencontré hein)  dont je suis très fan et cette video où il en parle avec véhémence de Wray dans le film  "It might get loud". Et puis encore il y a eu le film "Rumble"

Pour être proche de Link Wray de son approche du son, il ne faut pas vouloir jouer comme les autres c'est une volonté viscérale à jouer comme on le veut, comme on le sent, comme cela nous fait frémir, vibrer. Je remercie celle que j'aime qui m'a offert cet exemplaire de Wray(thanks my love) . Dès l'écoute on se rend compte de l'importance du guitariste et son influence sur tous les styles de rock. Il joue ici avec ses frères. Un vrai disque de rock rassemblant des chansons incroyables, attractives, inventives et dynamiques "ace of spades, jack the ripper, I'm branded" sans oublier son fameux "rumble" qui m'est si cher. Un disque miroir pour tout guitariste. 

Philippe Sargeni

mardi 7 juin 2022

The Dead Weather horehound - les 11 travaux de Jack White

 En 2009 Jack white avait laissé (un peu) tombé la guitare et s'était positionné batteur et chanteur du Dead Weather épaulé par la nébuleuse Alisson Mosshart(guitare et chant). Sorti sur le label Third Man Records le groupe avait proposé  "Horehound". 11 plages dédiées au blues le plus poisseux, le plus tordu, au rock le plus acide sans doute de cette période. A lui seul cet album était à nouveau une démonstration du génie communié du Jack White en mode solo project. 

Vieilles baraques au planches pourrissantes surplombant le bayou où la chaleur atteint une température poisseuse c'est sans doute là que nous mène Jack White et si vous rajoutez les vapeurs d'un whisky bien frelaté alors vous avez bon. Car tout cet album repose sur cet univers poisseux, glauque. Le ton est donné dès "I cut like a buffalo" et ses éructations sexuelles tribales. Quand le Jack est à la batterie c'est un peu comme à la guitare il y règne tel un roi lézard visqueux s'initiant dans tous les moindres interstices de vos neurones déjà bien rongées. 

Du blues il en est beaucoup question ici vous avez bien compris. Jack White sait le tordre, le disséquer, en sortir sa substance minimaliste et le réinjecter dans une création crue comme sur "so far from your weapon" ou encore dans la sombreur poisseuse Doorsienne  de "Rocking horse". Un album à conserver précieusement au fin fond de votre discothèque et à ressortir  les nuits de canicule tant il peut être la bande son parfaite pour des soirées...  Metaphysique poisseuse quand tu nous tiens... 





mercredi 25 mai 2022

The Baggios dao Brazil !

 Décidément le blues-rock psyché se colore de toutes les musiques, de toutes les tendances et arrive à se faufiler encore dans le rock. C'est d'ailleurs une grosse tendance du rock.  Chargé de reverb, délays vintage(peut-être trop parfois) le style perdure mais il s'est bien déplacé dans tous les pays du monde jusqu'au Brésil. Non non ici pas de samba brésilienne mais bel et bien du blues-rock psyché  sauce 2022 réalisée par les Baggios groupe brésilien bien reconnu de l'autre côté de l'Atlantique. La tête de pont du groupe est Julio Andrade. C'est lui le compositeur du groupe. Il nous vient d'une petite ville très ancienne appelée Säo Critovâo. En tout cas son groupe a le vent en poupe : 4 albums à la clé, un dvd, une nomination aux Grammy en 2017. En 2016, ils ont joué au Lollapalooza Brasil, puis ont tourné au Mexique, au Canada et aux Etats-Unis avant de se livrer dans 80 villes du Brésil. Voilà donc pour le décor ! 

Les Baggios proposent toujours quelque chose d'original sur leur album et leur dernier opus se conforte à nouveau à cette règle. Les tonalités classiques du style croisent les bons riffs de blues que nous aimons bien. Le tout se mélange avec brio dans le rock'n roll qu'ils déploient tout au long de leurs shows viscéraux . A cela, rajoutez un mix qui met l'accent indéniable sur  la musique brésilienne, Baläo et Desert rock et vous obtenez la musique des Baggios.   Ce sont toutes ces particularités que l'on retrouve sur leur dernier album "Tupa-Ra" qui lie leur culture(avec des chants polyphoniques en choeurs)  et le côté seventies avec ses grandes envolées guitaristiques au bord des musiques dîtes progressives. Les ultras du pur rock'n roll, les gardiens de chapelles  détesteront sans doute mais les curieux en musique adoreront. Il en va ainsi dans ce bas monde. 

Un groupe atypique, une musique tantrique un dernier album brillant qui nous reposera de la morosité ambiante. 

Ils visitent actuellement la France et seront au Bar "Le Mad" à Mont-de-Marsan vendredi 27 mai. C'est donc un rendez-vous à ne pas manquer si vous n'êtes pas trop loin. 














Les marseillais de Catchy Peril et leur Nuclear Disco Punk

Marseille est une ville authentiquement rock. Si certains sont là et bien là depuis un bail ces mêmes institutions font des petits et la s...