Joe Jackson est arrivé avec la New-Wave anglaise. L'homme de Portsmouth est un sacré bosseur depuis ses débuts(20 albums depuis 1979). Si vous en etiez restés à sa dernière escapade music-hall qu'était "What a racket" il y a trois ans il va falloir retourner dans les bacs car Joe est bel et bien de retour avec un bel album "Hope and Fury" qui nous a laissé pantois tant il regorge de bonnes choses. Mais il faut le dire Joe Jackson est un des grands musiciens de ce monde.
Le voilà donc ce 22ème album de 2026. Dès la première écoute on sent que l'homme est revenu vers ce qu'il fait. Et ce qu'il fait ici il le fait très bien. L'album offre ainsi une véritable danse où s'entrechoquent les mélodies pop sophistiquées, les rythmes latins(ah ces percus !), le funk et bien-sûr le jazz qu'il a toujours mis dans ses chansons même quand elle tiraient sur le rock new-wave ou le punk. Celui qui a grandit à Portsmouth aime à dire de son style qu'il est un mélange de "Latin-jazz-funk-rock" et c'est ce qui se vérifie ici et tout au long de l'album.
"Welcome to burning by Sea" ouvre l'album. Jackson pose les règles : ok pour le latin, les percus, et le jazz mais tout doit être nerveux et notamment avec le couple guitares percus. L'écriture des textes est toujours élégante. Jackson jette ici un regard critique sur l'Angleterre de 2026. On sent cette tension entre nostalgie et désillusion ou entre attachement et colère envers ce pays d'où il vient. Plusieurs compositions dressent des portraits sociaux fortement égratignés. Tout Joe Jackson est ici.
Revenons à la musique. Hope and Fury vous rappelera certainement parfois son grand "Night and day" pour les harmonies, les rythmes urbains. Les arrangements sont remarquables notamment sur des titres comme "the face" ou "After all this time". Mais la musique touche le lumineux et l'étincelant avec "See you in September".
Le seul dommage de ce disque est que l'on sent vraiment l'amertume ou la nostalgie qui empiète un peu trop sur l'émotion qui peuvent faire de cet album un brouillard grincheux. Mais on peut aussi y voir qu'après 45 ans de carrière Joe Jackson reste un observateur lucide sur son temps, indépendant dans sa parole et refuse toute complaisance. Joe Jackson est grand on vous l'avez dit déjà.

















