lundi 22 juin 2026

wooden pearls Against the tide road trip rock

 


Orthez a connu un age d'or pour sa scène locale. C'était avant. Dans ce siècle qui débutait ou un autre qui finissait nous avons eu l'occasion de voir ici dans la cité le dernier concert rock avec un vrai groupe de rock et c'était les Wooden Pearls qui en étaient à leurs débuts. Depuis la bande à Céline Moreau(basse, vocaux), Stéphane Puyou(guitares) et Gilles Puyou (batterie) ont fait un sacré bout de chemin. Un premier album de bonne facture avait vu le jour en 2019 "Strip me loud" et puis le deuxième est arrivé récemment.  Le groupe ouvre son deuxième chapitre avec "Against the tide" qui est dans les bacs depuis mars 2026. 

Dès "Docile" on sait à peu près ce qui fait la gazoline des Wooden Pearls. Ca démarre fort et très fort. On sent les influences alternatives du rock des 90's mais pas que. Et c'est certainement ce que l'album propose : un dosage savamment bien orchestré entre un rock décharné mais hyper énergique sauce 90's et une lame de fond rock'n roll . Le power-trio d'ici pose toujours d'implacables riffs et rythmiques.  La voix de Céline fait des merveilles autant en français que dans la langue de Shakespeare. Elle nous rappelle nos aînées des Pretenders ou encore Patty Smith sans copier sans clonage c'est là l'art d'être habitée. 



Le groupe offre de sacrés voyages avec une grande musicalité et une exploitation au maximum des guitares de la batterie et de la basse comme sur le tubesque "a step away from the crowd". Le groupe sait mener sa barque en nous apportant dans un road trip du rock avec des tons forts et parfois plus sombres comme "Devil inside I"  ou "Little miss perfect" et sa rythmique hypnotique. 



"Strip me loud " sorti en 2019 offrait un opus chapîtré en moments forts et moments plus intimistes. C'est aussi le cas ici où le groupe réussit l'examen de chansons plus intimistes qui sont une belle réussite tout en français ("Détermine-moi", "Acouphènes") où l'on retrouve les thèmes qui leur sont chers : leur regard critique sur la société, la liberté individuelle, le dépassement de soi . Le groupe avec ce dernier album montre qu'il sait très bien manier son rock en y mêlant les influences pop, folk jusqu'à la cloture avec un "Surf Report" tout en délicatesse alternatif rock. Nous sommes ici avec un disque sacrément bien mené de bout en bout rempli d'un rock incisif agréable, accrocheur, fédérateur jusqu'aux gimmicks savamment trouvés. 






lundi 15 juin 2026

The Cramps le retour avec un album Gravest Gravy !

 

On ne peut pas stopper un mythe il perdure dans l'histoire en revenant de temps à autre pour nous hanter à nouveau. C'est le cas de beaucoup groupes finis voire presque oubliés. Il suffît d'une compilation, d'un best of pour que la machine redémarre et roule à nouveau à bride abbatue. Les Cramps cochent toutes les cases à ce propos. Car depuis le 4 févrirer 2009 triste date de la mort du grand Lux Intérior le futur des Cramps se conjuguent dans un mythe. Le groupe a redonné du baume au coeur de ses fans en revenant avec une bonne saillie vynilique avec en 2012 "File under sacred music" qui comprenait les singles des premières années et depuis plus rien. Poison Ivy(Kristy Marlana Wallace) a été totalement absente des réseaux depuis et est passée à autre chose selon ses proches. Pourtant la vie en a décidé autrement avec deux vivaces phénomènes du punk rock américain que sont Henry Rollins(Black Flag) et de Yan Mac Kaye(Minor Threat, Fugazy) qui remettent en route de vieilles archives du groupe et un album oublié de 1977.. 



Alors qu'en est-il réellement ? Tout d'abord il faut parler de structure ainsi Rollins et Mac Kaye grands admirateurs du groupe new-yorkais ont misé sur une nouvelle plateforme nommée Cramps Inc. "Cette dernière vient d'annconcer  une grande campagne de rééditions et d'archives afin de restaurer le catalogue du groupe et remettre sur le marché et remettre en circulation des enregistrements rares du groupe et mettre du plomb dans l'aile aux bootlegs apparus au fil des décennies" (article de Oui Fm par Iris 28 mai 2026). 

Nos deux compères supervisent ainsi le travail de restauration des bandes, le mastering et l'ensemble de la production archivistique via leur parternariat avec la firme RAM Prod.


 

L'album ! Gravest Gravy ! 

Le contenu de l'album a été enregistré aux célèbres Ardent Studios de Memphis avec la formation originale des Cramps où figurait Lux Intérior, Poison Ivy, Bryan Gregory et Nick Knox. Pendant beaucoup d'années ce projet musical initié à la fin des années 80 a tout simplement été considéré comme perdu et le groupe l'avait complètement abandonné. 

L'album contiendra ainsi des morceaux qui apparraitront plus tard sur l'album Psychedelic Jungle et aggrémenté de reprises comme ils avaient le goùut de le faire avec des titres comme "Rocket in my pocket", "Problem child" ou encore "Hungry" sur lequel on retrouve le grand Alex Chilton à l'orgue. 

Les Cramps viennent ainsi à nouveau nous rappeler que le rock a peut être trouvé dans son passé sa manière de perdurer et de s'imposer à nouveau. Les choses passent. Les mythes restent comme un mouvement pendulaire... 



Gravest Gravy Track Listing :

1. Tv set

2. Weekend on mard

3. Twist and shout

4. Jungle hop

5. Can't hardly standing it 

6. Hungry 

7. The natives are restless

8. Domino 

9. Can't find my mind

10. Rockin bones

11. Problem child

12. Rocket in my pocket 





jeudi 11 juin 2026

Joe Jackson hope and fury

 Joe Jackson est arrivé avec la New-Wave anglaise. L'homme de Portsmouth est un sacré bosseur depuis ses débuts(20 albums depuis 1979). Si vous en etiez restés à sa dernière escapade music-hall qu'était "What a racket" il y a trois ans il va falloir retourner dans les bacs car Joe est bel et bien de retour avec un bel album "Hope and Fury" qui nous a laissé pantois tant il regorge de bonnes choses. Mais il faut le dire Joe Jackson est un des grands musiciens de ce monde. 



Le voilà donc ce 22ème album de 2026. Dès la première écoute on sent que l'homme est revenu vers ce qu'il fait. Et ce qu'il fait ici il le fait très bien. L'album offre ainsi une véritable danse où s'entrechoquent les mélodies pop sophistiquées, les rythmes latins(ah ces percus !), le funk et bien-sûr le jazz qu'il a toujours mis dans ses chansons même quand elle tiraient sur le rock new-wave ou le punk. Celui qui a grandit à Portsmouth aime à dire de son style qu'il est un mélange de "Latin-jazz-funk-rock" et c'est ce qui se vérifie ici et tout au long de l'album. 

"Welcome to burning by Sea" ouvre l'album. Jackson pose les règles : ok pour le latin, les percus, et le jazz mais tout doit être nerveux et notamment avec le couple guitares percus. L'écriture des textes est toujours élégante. Jackson jette ici un regard critique sur l'Angleterre de 2026. On sent cette tension entre nostalgie et désillusion ou entre attachement et colère envers ce pays d'où il vient. Plusieurs compositions dressent des portraits sociaux fortement égratignés. Tout Joe Jackson est ici. 



Revenons à la musique. Hope and Fury vous rappelera certainement parfois son grand "Night and day" pour les harmonies, les rythmes urbains. Les arrangements sont remarquables notamment sur des titres comme "the face" ou "After all this time". Mais la musique touche le lumineux et l'étincelant avec "See you in September". 



Le seul dommage de ce disque est que l'on sent vraiment l'amertume ou la nostalgie qui empiète un peu trop sur l'émotion qui peuvent faire de cet album un brouillard grincheux. Mais on peut aussi y voir qu'après 45 ans de carrière Joe Jackson reste un observateur lucide sur son temps, indépendant dans sa parole et refuse toute complaisance. Joe Jackson est grand on vous l'avez dit déjà. 






lundi 1 juin 2026

Une combinaison en cuir noir une basse voici Suzy Quatro

 




Suzy Quatro est certainement une des grandes figures incontournables du rock dit "féminin" du siècle dernier. La bassiste, chanteuse, boss de son groupe  s'est imposée sur la scène rock internationale dans un monde où les femmes avaient une toute petite place. Elle fait partie de ces pionnères qui ont magnifiquement osées.  Plus d'une quinzaine d'albums et autant de singles gorgés de rock massif avec pour débuter en 1973 un tube incroyable "Can the can". 

50 ans de carrière nous regarde. C'est avec une tryptique bien rodée qu'elle a scellé son succès : une énergie brute, une image digne de Barbarella en combinaison en cuir noir et un sens inné pour des refrains qui vous laissent un souvenir impérissable. Tout était réuni pour vendre des millions d'albums mais aussi s'adonner à des expériences parallèlles avec une certaine réussite là aussi : cinéma, radio, théâtre. 


Le nouvel album de Suzy Quatro s'appelle donc "Freedom" et il porte bien son nom. La reine du rock féminin d'antan a 75 ans mais elle n'a rien perdu de sa forme qu'elle a toujours su conserver tout au long de sa carrière. Est-ce la maturité ? Peut-être ! Mais en tout cas Suzy a délégué cette fois l'écriture en grande partie à son fils L.R. Tuckey. Et c'est une bonne chose. Ce "Freedom" a le goût d'une profession de foi. Les guitares sont rugueuses, la basse est bien sûr bien présente et les refrains de véritables shots pour le live. 

Ca démarre fort avec le morceau-tire de l'album puis tout s'emballe avec une sacrée attitue punk parfois(Little Miss Lovely). Freedom se déverse et claque dans nos oreilles. Pour notre bonheur elle remet au goût du jour une version impeccable de "Going down" qui sera certainement en concert un point culminant avec un "Kick out of the jams" qu'elle reprend superbement ici avec l'aide d'Alice Cooper


Suzy Quatro ne cherche pas avec "Freedom" à réinventer la formule du rock'n roll mais présente la sienne, celle de 2026 qui la fait vibrer. C'est un album plein de sincérité, direct(enfin du son direct dans le rock sans que les guitares soient enfouies sous des tonnes de reverb ou délay). Indépendance, persévérance se mêlent ici avec une générosité incroyable. Suzy Quatro sera toujours cette indomptable artiste du rock et c'est très bien en ces temps incertains. 










wooden pearls Against the tide road trip rock

  Orthez a connu un age d'or pour sa scène locale. C'était avant. Dans ce siècle qui débutait ou un autre qui finissait nous avons e...