samedi 17 juin 2023

Very good trip festival soirée du vendredi


Le 9 Juin le Festival Very Good Trip illuminait le château de Bellocq dans le 64.  Nous y étions de pieds fermes et nous n'avons pas regretté d'avoir pris les billets pour la soirée de Vendredi soir "Brittish do it better" .

D'entrée le power trio MT Jones et sa brillante soul rappelant les grandes années de Détroit nous ont  enflammés. MT Jones a brillamment desservi un excellent set. Vint le tour des Ghost Car, fantastique combo tout féminin aux influences Slits, Nina Hagen et tant d'autres de cette époque du monde d'avant. De l'énergie, de l'engagement autant dans les rythmiques guitares que les textes. Tout y est. Retour au power trio avec The Rills avec qui nous propose une  power pop rock passionnante au début mais qui s'est délitée en tension vers la fin et The Family Rain très engageants au début mais à qui ils manquaient un peu plus de guitares peut-être.  Le dernier concert du soir proposa le grandiose avec l'électro et la pop de Fugyia et Myagi. 

Une fois de plus Le Pingouin Alternatif et son association le CAC 64 ont prouvé que l'on pouvait proposer un plateau de choix avec des groupes émergeants variés intéressants pop, rock. Une soirée fantastique tout simplement dans un cadre merveilleux avec une équipe de bénévoles toujours aussi incroyables. Un grand bravo ! 

MT JONES 


GHOST CAR 




THE RILLS 





The Family Rain 






mercredi 7 juin 2023

Earthless black heaven 2018

En terme de hard-heavy rock  à l'ancienne il y a beaucoup de prétendants mais si vous y ajoutez la donnée psychédélique saupoudré de Krautrock alors vous multipliez les nombres de candidats. Direction les Etats-UnisSan Diego et son désert proche qui  abritent de très bonnes formations comme Earthless, combo qui coche tous les paramètres du groupe quasi parfait en ces termes. 



Le groupe a une bonne production 6 albums studios et 6 autres lives. Il peut tout à fait trôner au beau milieu de vos dinosaures des seventies et sixties bien bruyants de votre discothèque tant ses compositions sont intéressantes et ses albums riches en sensations. Earthless semble tout droit sorti de la boîte de Pandore des 70's. Si la bande à Isaiah Michell(chant et guitare) a en 2022 un majestueux dernier opus "Night parade of one hundred demons" l'année 2018 présente un très bon cru avec "Black heaven"



Le riff sera toujours le riff pour Earthless, rejoint par plein de soli furieux et une rythmique rappelant les bonnes choses du monde d'avant. Avec Black Heaven  l'auditeur est mis au diapason de la musique et du style du groupe. Krautrock, psychédélisme, heavy rock sont mixés parfaitement.  En 6 morceaux  Earthless gravit cette année-là une nouvelle étape avec cet album. Le voyage mélodique et sonore est prenant. A l'heure où l'on annonce la mort du rock, du heavy, du hard-rock d'antan, et une redîte des choses du passé il semblerait que Earthless montre que l'on peut faire avec un style ancien en l'actualisant.  A écouter vite ! 





mercredi 10 mai 2023

BMC, Black Sugar, Les Sales Majestés à la ROute du Son avril 2023

C'était le 22 avril et ce n'était pas un poisson à retardement. Le plateau était alléchant quand même les Sales Majestés venaient fouler la scène de la Route du Son accompagnés des BMC et des Black Sugar. Du punk, encore du punk, toujours du punk comme disait Marcel ! 

Ce soir le public est venu nombreux et cela fait plaisir. Ce sont les BMC(Brutal Mais Cordial) de notre Béarn qui ouvrent ce bal oï et punk de cette soirée en présentant leur nouveau line-up et leur nouveau cd qui vient de sortir. Le groupe est bien en place et propose un rock  bien balancé en riffs, rythmiques et textes qui tiennent bien la route. Le style street punk est toujours là et la nouvelle équipe se lance bravement dans des anciens  morceaux et des plus récents. Le public est très réceptif à cette vivaceaux influences des années 80. Il faut dire que les vieux briscards des BMC connaissent bien la salle de la Route du Son. En tout cas ils offrent un concert bien vivace avec toujours et encore un chanteur qui ne fait pas que chanter mais sait haranguer la foule en lui rappelant l'actualité que nous vivons tous. Du rock oï toujours captivant. 




Black Sugar monte sur scène et c'est un autre style. Tout en restant dans du punk le groupe propose une version plus hard-core et brutale du style enchainant très vite les morceaux joués avec une implacable force presque froide(trop peut-être !?). La machine fait bien son effet. Riffs brutaux, batterie en mode pilonnage, basse qui claque et un bon chant qui braille bien. Tout est réuni pour avoir un bon set du groupe intermédiaire avant que les Sales Majestés montent nous rassasier. 




Les Sales Majestés sont venus en trio ce soir, amputés de leur bassiste. Mais ces adeptes du DIY(Do It Yourself) ne se laissent pas abattre et proposent un show sans basse sans bassiste qui fait plus que tenir la route. Salle comble, chauffée, au bord de l'apoplexye(rires) en communion totale avec un groupe de rock français qui chante en français(Ca existe oui !) l'actualité des classes sociales avec force, conviction et sans concessions. De ce côté là tout est à l'unisson et ce dès le début avec leur morceau Leitmotiv "Camarade". 



La formation en trio rivalise d'ingéniosité et de savoir-faire et propose un concert rock avec son puissant, un jeu de scène parfait. Les Sales Majestés sont sur tous les fronts musicalement. Les intros des morceaux sont fulgurantes, les rythmiques très soutenues, les solos très bien éxécutés, quant au chant et aux choeurs ils se soutiennent l'un à l'autre avec une puissance rare et un engagement total. 



Le groupe malgré son expérience va au charbon en live comme si c'était son premier concert ou son dernier. Là aussi les intermèdes entre les chansons sont très bien meublés par l'actualité et une très bonne présentation des chansons. Musicalement ils ne laissent aucun espace. Ca joue vite, dru, concis en ordre de bataille. Les chansons s'enchaînent, toujours plus fort, plus engagées  les unes que les autres.  Un grand bravo ! 



La Route du Son nous a offert en tout cas à nouveau une soirée avec un rock sacrément typé "In Your Face", moins lisse comme les productions actuelles, gorgé d'actualité c'est peut-être l'une des meilleures dimensions salvatrices pour notre musique préférée. Qui sait ? 




dimanche 23 avril 2023

72 seasons of black and yellow par Metallica

Ce n'est pas parce que le blog se nomme "and justice for all" qu'un article de Metallica est inné. La sortie de 72 Seasons leur dernier opus nous rappelle que l'âge qui avance est un facteur aussi, de remise à plat de la musique, d'un groupe.  Est-ce le cas pour cette dernière livraison tant le groupe a de détracteurs ? Pas assez trash, pas assez extrême, pas assez ceci, pas trop cela. 


Le compteur avance pour les jeunes loups qu'ils étaient ... 12ème album du groupe de la Bay Area de San Fransisco. Il est à noter que c'est le 2ème album sorti sur leur label "Blackened". C'est Greg Fidelman qui s'est occupé de l'enregistrement et de la production. L'album propose 12 plages dont deux("Lux Aeterna" et "Screaming suicide") que le public connaît car le groupe les a publié sur les réseaux et laissaient entrevoir le meilleur.  donc le style "St Anger" ce ne sera pas pour cette fois ouf ! 

Le groupe axe ses lyrics sur les 18 premières années de la jeunesse d'un être humain, l'identité, le vrai le faux de ce que nous devenons. Voilà pour la séance canapé. La pochette est ... jaune et... noire, un lit d'enfant des objets à son pied. 

Depuis le début Metallica évolue, cherche, essaie. Ce que fait d'ailleurs tout artiste. La basse joue un rôle prépondérant depuis très longtemps chez eux. 72 Seasons est donc l'album où Robert Trujillo se place en pilier et mur porteur d'une musique qui se perpétue depuis plusieurs décennies et cela se sent enfin et c'est bien. Il est crédité sur trois morceaux. 

Si le groupe nous avait un peu perdu dans des riffs et des structures de morceaux empiriques dont seuls leurs géniteurs y trouvaient du sens ici il n'en est pas question. Le groupe s'offre et offre des compositions concises, précises.... de la frappe chirurgicale, ciblée où les riffs de Hetfield, la batterie de Ultritch(qui ressemble de plus en plus à celle de Ian Paice de Deep Purple ou de Motorhead) fait mouche. 

Quant à Kirk Hamett il a choisi plus de simplicité dans ses solos pour aérer les chansons. Le trash-métal de Metallica évolue mais il puise aussi dans l'avant proche et l'avant des débuts. 72 Seasons nous rappelle qu'ils sont le groupe de "Enter Sandman", de "Wherever I may roam" , de "Ain't my bitch" mais aussi de "The thing that should not be".

Il  y a donc ici  une continuité dans la modernité sonore et la musique des Four Horsemen et  elle se reconnecte ainsi sur les débuts du groupe et offre ici des titres qui s'en inspirent directement tant par la vitesse que par la profondeur en distillant un heavy-métal pur, dur et sombre comme sur "inamorata" ou encore "Crown of barbed wire", deux titres épiques  évoquant  l'époque Master of Puppets ou encore l'album Ride The Lightning avec succès. 

Et s'il y avait des défauts ? Ah et il y en a un peu quand même.

Si on peut se féliciter d'un retour aux bonnes vieilles formules chez la bande à Ulrich le disque nécessite plusieurs écoutes pour se convaincre vraiment de sa bonification. Reprendre la musique qui a posé les pierres angulaires du trash-métal peut être facile à la soixantaine tout ne suit pas hélas.  Pas de riffs sans sens mais un chant qui peut être répétitif et pas spécialement bien adapté pour la teneur des compositions. 

L'album souffre aussi d'un tracklisting pas toujours de bon escient créant une certaine monotonie et ressemblance entre certains morceaux. Il faudra donc comme sur "Hardwired" ponctionner les chansons, les réécouter avant de les apprécier à leur juste valeur.  


Cette dernière livraison présente une formation qui, malgré l'âge,  sait puiser dans ses propres ressources(biographiques, mentales, psychologiques, musicales) et propose  de nouveaux univers tout en les mariant avec un   savoir-faire incroyable en s'influençant avec leur style des débuts. Metallica aime se torturer on le sait. C'est peut être là qu'il est le meilleur.  Avec 72 seasons Metallica  s'ouvre à nouveau une route. 


vendredi 14 avril 2023

Dirty sound magnet au Pingouin Alternatif

 


S'il y a bien un lieu où il fallait être ce Jeudi soir c'était au Pingouin Alternatif à Arthez de Béarn tant le concert fut une claque monumentale dans le domaine d'un rock sacrément riffé, teinté d'un psychédélisme hauts en couleurs et des influences progressives très bien insérées   Mais hier soir ce n'est pas la France qui est à Arthez mais la Suisse. 

DIRTY SOUND MAGNET a bien voyagé avant Arthez de Béarn, plusieurs albums au compteur, des scènes et toujours une envie de conquérir du public qui se sent à leur contact. La soirée s'annonce sous les meilleurs auspices. Dès le début le power trio plante le décor et fait parler les Gibson(plus tard viendra la Télécaster), les rythmiques de basse concises(grand bravo à ce Monsieur de la 4 cordes) et une batterie marteau pilon, technique. Le groupe distille   4 ou 5 morceaux en mid-tempo qui mettent le public d'accord et en totale osmose. 



Les choses sérieuses commencent après. La prestation scénique est parfaite. Tout y est. Mouvement, jeu de scène, look, discours.  Et le répertoire monte en puissance. Du rock lourd, riffé, psychédélique, arrosé de blues, bien trempé.  On le sait ce soir sera la nuit de la comète. Le trio concentre dans sa musique toutes les années 70's et les grands groupes dont il s'influence. Classic rock, old hard-rock, psychédélisme, blues tout y passe comme si on effectuait un bon en arrière dans le temps mais avec cette ingéniosité de ne pas jouer la nostalgie mais une modernité très bien maîtrisée. Et sans oublier ce qui manque et fait défaut à beaucoup d'autres : le riff. 



Mélangeant les types de morceaux(tantôt breakés, à multiples structures et tantôt tubesques et très rock'n roll), le groupe joue à plein régime, une machine lancée qu'on ne peut arrêter.  Les soli sont de véritables upercut(autant à la guitare qu'à la basse), les montées/descentes n'arrêtent pas. La basse batterie nous a littéralement scotché sur tous les morceaux. Bravo à tous les musiciens pour l'utilisation de leurs effets à très bon escient.  Bref on ne passe pas un bon moment mais un excellent. On se regarde tous plus ou moins  bouche bée comme des ados dans nos jeunes années. 



Moment de reprise, le power-trio en jouera qu'une seule ou plutôt en interprètera une seule issue d'un vieux blues primaire du Mississipi écrit par Blind Willy Johnson en 1927 et, une fois repris par un très grand groupe avec beaucoup de Présence(rires) En tout cas DIRTY SOUND MAGNET s'en sort haut la main en proposant une version alliant sa modernité sonore avec ces accords diaboliques et qui aurait certainement plu à Mr Jack White. Le résultat est blufffant, exaltant, époustouflant. Suivront deux morceaux bien rock'n roll pour suer encore dans la fosse. Le groupe  envoie un dernier morceau progressif qui fait voyager un public acquis à sa cause  il faut le dire, dès le début du concert. Terminus.



Remerciements aux amis landais qui se déplacent toujours et qu'on ne blâmera pas de repartir vite à cause de la route. Un concert ici ne se finit jamais au dernier accord. La deuxième partie du concert se fait toujours au comptoir, sur le zinc. Un temps de causerie, de partage, d'échange culturel, de confrontations de styles et avec toujours un grand respect. A gauche on parle hard-rock, heavy du bon vieux temps d'Helloween, des 90's, à droite on déblatère cinéma. C'est comme cela que ca se passe au Pingouin. 






 



jeudi 13 avril 2023

James Brown par Frédéric Salsedo

La bd c'est rock ! Mais c'est aussi Jazz, Blues et j'en passe,  bref tous les styles et les biographies d'artistes sont les héros d'ouvrages très sympathiques et enrichissants. Vous vouliez tout savoir sur James Brown, le lire en bd, le lire en prose et l'écouter ? Et bien c'est fait. Les Editions Nocturne  présentent un bel ouvrage simple, clair sur la vie de Mr Dynamite. L'ouvrage s'accompagne d'une jolie manière avec les  dessins de Frédéric Salsedo. Ici pas d'analyse profonde, ni de références complexes tout est dit en plus de 34 pages sur Mr Brown, sa vie  et son immense influence sur beaucoup de styles de musiques. 

Dessins Frédéric Salsedo


En trois parties :

La première partie de l'ouvrage laisse une large place aux planches de Frédéric Salsedo. Le trait est magnifique, dynamique, vivant rappelant les caricatures de la soul et des musiques noires d'antan. Les textes sont très bien réalisés et rendent cette première partie très intéressante et pleine de connaissances car au final on ne sait pas grand chose sur Mr Feelgood. Tout y est : Du bordel de sa tante, à son activité d'entraîneur pour les "filles" de sa tutrice, de ses emplois dans les champs de coton au poste de plongeur, de l'apprentissage de la musique jusqu'à la prison et sa blessure à la jambe qui empêcha le base-ball dans sa vie, de sa libération au groupe les Starlighters, de son travail chez Lawson's Motor Company jusqu'aux Flames. Tout y est. 

Dessins Frédéric Salsedo


La deuxième partie est plus courte. Elle reprend toute la biographie du monsieur mais sans les dessins cette fois-ci. Les passages clés de la vie de James Brown sont ainsi plus approfondis (adolescence, les Starlighters, période The Flames, enregistrement de "please please " , "Papa got a new brand", le Funk, carrière solo, etc...) . 

La troisième partie ne s'écrit pas, ni ne se lit. Elle s'écoute. La belle idée des Editions Nocturne est d'avoir livré cette bd avec deux cds live et pas des moindres : L'un enregistré au Studio 54 à New-York en 1980 et l'autre en 1984 à Chastain Park à Atlanta. 

Les deux cds vous laisseront de marbre. James Brown y est  au sommet de son art avec le funk, la soul distillés d'une puissance incomparable. Bref un sacré ouvrage à lire, à écouter pour enrichir son patrimoine musical à 0 frais(l'inscription dans une médiathèque est gratuit). Oui on sait il n'est pas à vous vraiment. C'est vrai. La musique sur Deezer ou Spotify non plus. 




mardi 28 février 2023

Mick Jagger wandering spirit 1993



En ouvrant le tiroir à k7, je me suis reparti en 1993 époque où le Jagger avait terminé la tournée des Stones "Steel Wheels/Urban Jungle". C'était le monde d'avant et c'était vraiment un autre monde(sans plagier nos Stones français) puisque Jagger, tout torse bombé, avait eu la saugrenue idée de sortir son album solo. J'ai donc remis la k7 dans ma platine et j'ai laissé filé la bande de ce "Wandering Spirit".




Débuté en 1991, la pré-production de cette galette  s'est faîte tout d'abord sur Los Angeles puis l'enregistrement s'est quant à lui cantonné à Paris et Londres sous la houlette du mentor Rick Rubin que Jagger avait choisi pour travailler et aussi pas mal selon les sources pour se disputer. Jagger sait toujours réunir du beau monde et en 1993 il a le vent en poupe pour l'affaire : Lenny Kravitz(celui qui a beaucoup piqué à Led Zeppelin qui ont même piqué aux autres aussi aussi oui on sait), Flea (qui joue sur trois morceaux et sur quatre cordes super bien ) et plein d'autres invités(requins de studios) que Jagger a su convaincre pour donner naissance à un album sacrément rock et au goût de la décennie des 90's




Chanter dans son groupe Jagger sait faire mais seul , en single, en solo ? Dès la première écoute on se rend vite compte que le monsieur maîtrise le sujet de bout en bout proposant un album de rock oui de rock comme on savait les faire dans les 90's c'est à dire calé avec la décennie, bien produit(Merci Rick Rubin), bourré de riffs, et de bons gros sons et sans une tonne de réverb(ca c'est pour mes amis de la pop sourires). Même si la chose date on retrouve le Jag qui met tous les styles qu'il aime dans la marmite pour arriver une grande homogénéité de la chose. 




Bien-sûr que la chose nous brûle les lèvres voyons  et nous allons y aller à la fameuse question bien-sûr que oui : "Et si "Wandering Spirit était l'album des Stones qui manque aux Stones de 1993 ?" . La réponse n'est sûrement pas chez les fans die-hard de la période Jones, ni chez ceux qui les aiment en uniquement en mono. Mais au final c'est une très agréable k7 audio qui trouvera sa place dans votre platine et votre discothèque. Jagger en 93 était très en forme et s'offrait une grosse respiration sur cet album aux styles, invités et morceaux très ouverts. Et comme il aime à le dire "It's only rock'n roll ! and I like it !". 



lundi 13 février 2023

Tramhaus Rotterdam album


De la Hollande ou les Pays-Bas on ne retient que leurs moulins, leurs polders, leurs vélos, Amserdam et son port, son esprit. Beaucoup de gosses de mon vieil âge se rappellent de la Hollande pour cette finale de 1978 dans une Argentine fascisée. Côté rock les Pays Bas se défendent très bien et assurent un bon creusot de sacrées formations. Nous avons découverts Tramhaus, formation batave qui pourrait prendre une bonne place dans la grande symphonie post-punk que nous dessert le rock depuis plusieurs décennies. 

le combo arrive avec son ton iconoclaste qu'on lui connaît pour prendre sa place au sein de la grande famille post-punkée européenne. On compte dans leurs influences le grand Nick Cave mais aussi  des groupes comme Personnal Trainer(Pays-Bas) ou autres Country Teaser. Voilà pour le décor !



Il n'existait pas beaucoup de documents sonores pour Tramhaus. Tellement rien que le groupe tournait sur les planches des plus grands festivals alors qu'ils n'avaient aucun enregistrement ni support physique à proposer ! En cherchant sur le Toube(comme dit ma tante) un petit trésor post-punkien existe avec  les excellentes Roodkapje Sessions Tape(5 titres disponibles sur Utube) où figure l'excellent "I don't sweat" et d'autres titres croustillants. 18 minutes à écouter de toute urgence. 






Mais mieux que tout cela, le groupe amène sur un plateau  un vrai premier album baptisé "Rotterdam"(comme la ville dont ils proviennent) sorti chez Subroutine Records leur label, Même si le tempo est un peu plus modéré la batterie des bataves est toujours  marteau pilon, la  basse n'envie rien à ses ainés(compression toujours à fond), les guitares sont punkoïdes à souhait, ainsi que les rythmiques organiques, et un chant caractéristique du style (avec coupe mulet en prime). 



Le single "Make it Happen" est une belle réussite. Tout y est ! Les planètes sont alignées pour Tramhaus et leur "Rotterdam". Il ne vous reste plus qu'à courir l'acheter et gigoter dans votre salon ou mieux... les voir en France et en Belgique où ils assurent leurs dates. Un groupe à retenir. 




lundi 23 janvier 2023

un guitariste nommé Jeff Beck

Les mois passent et amènent son lot de disparus. La faucheuse est passée comme à son habitude froide et dure. On vous dira que c'est la vie. Jeff Beck  naviguait  entre ses guitares, sa technique aux doigts et les voitures car c'était un sacré collectionneur de voitures aussi comme beaucoup de ses acolytes du rock. Beck n'était ni une star déchue, et ne se prenait pas pour une star d'ailleurs. Jeff Beck jouait.  Son nom symbolisait la guitare et le rock c'est aussi simple que cela. 



Ma découverte de Jeff Beck et son écoute s'est passée en trois phases...

La première chose que j'ai vu de lui était un court extrait du film "Blow up" d'Antonioni où les   Yardbirds  jouaient le très célèbre "Train ketpt a rollin" dans le spécial "Hard-rock" de l'émission "Les enfants du rock". Jimmy Page tenait l'autre guitare et Beck s'acharnait à massacrer sa guitare contre ses amplis Vox qui ne ronflaient pas comme il voulait. Cette fureur mythique mise en scène m'avait tant  interpellé que j'avais gardé l'enregistrement sur k7 audio de l'émission. Jeff Beck était pour moi un guitariste hargneux et j'imaginais que son patrimoine de compositions devait avoir cette sauvagerie. Mais çà n'alla pas plus loin. La vague AC/DC avait tout emporté. Le rock était austral pour moi. 


Lorsqu'un adolescent comme moi  découvre Led Zeppelin le mal est fait.  Il en vient à épancher sa soif de curiosité en se documentant sur l'amont du truc et il tombe sur les Yardbirds. Cela a marché plus ou moins ainsi. Ce fût la deuxième fois que je prenais rendez-vous avec la musique de Beck. Mais ce ne fût pas en France que je croisais sa musique. Lors d'un voyage à Rome et au gré d'une balade qui nécessita que je m'arrête dans un tabac-presse je trouvais un fascicule sur le guitariste accompagné d'une k7 où était vendu l'album "Wired". J'ai passé ainsi cet été-là avec ce disque dans les oreilles. Or entre les Yardbirds et la période en solo avec l'album "Wired" il y avait un monde. Non il fallait que je creuse. 



Il faut toujours une troisième fois à diverses choses. Nouvelle écoute des Yardbirds chez un ami et le reste vint. Très vite à côté des disques du Zeppelin trônaient les albums auxquels le guitariste avait participé. Car il y avait chez Beck quelque chose qui n'existait pas chez Jimmy Page. Ce n'était pas un truc en plus c'était autre chose. C'était différent tout simplement.  

Pour pas mal que nous étions à lui tout seul il symbolisait les sixties et ce fameux Swinging London(avec ses mythiques musiciens de studios) où il avait remplacé Eric Clapton dans les Yardbirds. il y avait amené le psychédélisme (Heart full of spoon, shapes of things, For your love) et avait certainement été quelque part un modèle pour Page tant il était inventif(un des premiers à utiliser la distortion et l'effet Fuzz)

Il passa à la vitesse supérieure en créant le Jeff Beck Group en 1968  avec en son sein un certain Rod Stewart et Ronnie Wood. On est là dans l'essentiel d'une discothèque avec 4 albums à écouter re-écouter. Les folles années 70 se finirent avec lui et son power-trio Beck-Boggert-Appice où il était magistral, une anti-chambre de sa très longue carrière solo qui compte plus d'une douzaine d'albums magistraux dont les fameux "Blow by Blow",  "Wired", "Crazy Legs" ou encore l'énormissime "Guitar Shop". 

Rock, blues, jazz-rock, fusion Jeff Beck sera allé jusqu'au bout de la chose, de sa technique, de son art en traversant les modes, les ages du rock(jouant sur le dernier Ozzy Osbourne)  le rendant unique et indissociable du mot "Power-trio" tant il en maîtrisait la chose de bout en bout. Il laisse un patrimoine pyramidal, une multitude de collaboration (Stanley Clarke, Box of Froggs, David Bowie, Roger Taylor, Rod Stewart, Honeydrippers, Mick Jagger, Carlos Santana, Buddy Guy, Bon Jovi, Roger Waters, Kate Bush, Joe Cocker, Pretenders, ZZ Top, Toots and the Maytals, etc...)des lives incroyables dont un où il avait invité son vieux copain Jimmy Page a joué sur "iimigrant song et Beck Bolero". Ce dernier doit être bien triste de la disparition de son copain de studio...





jeudi 5 janvier 2023

BobbyLees


J'avais surpris les Bobby Lees sur un article paru dans un Rock and Folk récent sans vraiment m'y attarder... Le feedback est toujours important pour un passionné et un curieux du rock qui cherche toujours et encore sa manne et sa dope musicale. Alors je suis allé m'intéresser à ce groupe américain sorti comme un champignon qui pratique un rock garage hallucinant, incisif avec des accents psychobilly. Les doigts toujours dans la prise ? Restez ! Voici les Bobby Lees qui ne faudra pas manquer s'ils viennent ravager vos contrées. 

Formation : Sam Quartain est d'abord actrice puis doit tenir un rôle où elle doit jouer de la guitare. Bam ! révélation. Déménagement de Brooklyn à Woodstock. Elle recrute des musiciens, se prend le petit-fils de Richie Havens puis s'en sépare puis opte pour un prodige de la guitare : Nick Casa. La soeur de Nick tiendra la basse. 




Ces dérangés et furieux du riff balancent leur premier méfait en 2018(démo album) "Beauty Pageant" un ramassis de chansons plus furieuses l'une que l'autre.  Puis tout s'emballe et très vite le groupe est  salué   par Iggy Pop, John Spencer, Debbie Harry, Henry Rollins. C'est d'ailleurs ce dernier qui leur ouvre les portes du label Ipecac géré par Mike Patton himself.





"Bellevue" a vu le jour en 2022 et est aussi déjanté que son prédécesseur "Skin Suit" en 2020. Le rock des BL s'appuie toujours  sur cette basse  chaude et vicelarde,  L'épine dorsale de leur rock garage furieux. Les riffs sont ensuite assénés avec grande sauvagerie et beaucoup d'inventivité... Il ne reste plus qu'à Sam Quartain à beugler dans son micro et   dérouler un voyage dans la folie ordinaire. Ce dernier opus fait la part belle à un son tranchant et une musique proche des extrêmes en terme de rock actuel(je parle de rock !) Tout y est le  psychobilly, le punkabilly et le grand foutraque garage rock. Chaque rocker, pourra se reconnaître chez les Bobby Lees c'est une évidence... Icônes parfaites qui n'auraient pas démérité dans les belles années du rock lézardé de Détroit. . 

Un album qui plaiera à tous les énervés de la planète qui veulent en découdre avec leur guitare avant de la défaire et l'anéantir. Totalement trippant. Vivement la suite !  Encore et encore comme disait Francis !






dimanche 11 décembre 2022

Starcrawler "She Said"



La mode est à la réverbération dans le rock de notre monde d'après : garage, psyché on ne compte plus les milliers de groupes qui y plongent. Toute la planète résiste-t-elle à ce phénomène ? Non bien-sûr et des irréductibles du son direct se faufilent et assènent de bons albums la planète encore comme les Starcrawler qui distillent leurs riffs et leurs chansons entre grunge et punk-rock. La dernière livraison de cette année de tous les dangers s'appelle "She Said" et elle fait du bien. 

Pour remettre les choses dans l'ordre Starcrawler s'est formé en 2015 et nous vient de La Californie et de Los Angeles. Et ils y sont bien ancrés dans leur Californie Arrow de Wilde leur chanteuse qui aime se maculer de (fausse) hémoglobine en live sait le scander très bien qu'ils en viennent  pour preuve  leur titre phare "I love L/A !" qui sera dès 2017 sur leur premier Ep de 7 titres parti aussi vite qu'enregistré. 



Point de départ d'une belle carrière dans la foulée le groupe signe chez Rough Trade Records et balance le premier album so punk rock mais pas que à la face du monde. Starcrawler s'acharne et prouve en live qu'il est un sacré groupe de compositeurs, et de rockers biberonnés au grunge et au punk En 2018 après avoir sorti deux ou trois singles, leur envie de donner vie au deuxième tome de leur aventure est toujours aussi vivace. Peu après l'enregistrement du "Pet Cemetary" des Ramones en cover "Devour You" sera le deuxième album de Starcrawler qui se confirme dans un style s'approchant des  Breeders et du rock de Nirvana. Les 90's restent donc le panier où il fait bon être pour le groupe qui y trouve toute son essence. 

Les déboires auront duré deux ans avant de voir venir leur dernier opus. Arrow de Wilde a relaté un incident perpétré en tournée en Australie et organisé par des membres des Growlers à cause desquels elle aurait  subi les assauts d'un de leurs membres dans sa loge, le tout filmé bien-sûr et diffusé avec les rires des agresseurs. C'est après cette affaire et un long break obligé que le groupe s'est retrouvé pour enregistrer le troisième album de leur discographie qui porte le nom de "She Said".



Ce troisième opus ne déroge pas à la règle que s'est fixé le groupe et le mélange entre les effluves du grunge et le côté punk rock sauce américaine est toujours là. Starcrawler propose cependant ici un ravalement de façade de la chose en poussant et modernisant son style et son son(rappelant la fabrique Breeders). D'entrée les riffs rock, gimmicks cisaillés de Cash aux guitares fonctionnent à merveille(Roadkill). La voix un tantinet diabolique de la chanteuse fait tout le reste et le fait admirablement. 

Le groupe propose de sacrés potentiels tubes du rock(si nous étions en 90 cela aurait fait un tabac). Plus  grunge et heavy le groupe sait le faire aussi. Les rythmiques sur certaines chansons sont   plus modernes et vont chercher de belles sonorités de la musique de  Seattle(Thursday).  L'album revient sur des  choses plus classiques comme "True". La  pop refait son apparition aussi, sur deux beaux morceaux sacrément bien amenés qui prouvent une totale adaptation d'une formation  en pleine ébullition (Broken Angel, Jetblack). 

 Au final ce "She Said" est un sacré album à avoir dans sa discothèque.. après le deuxième et le premier(sourires).  



Les marseillais de Catchy Peril et leur Nuclear Disco Punk

Marseille est une ville authentiquement rock. Si certains sont là et bien là depuis un bail ces mêmes institutions font des petits et la s...